Au pays des éléphants: le Laos

07/02/2017 - Pays : Laos - Imprimer ce message

C'est le 29 janvier que nous avons fait notre entrée au Laos, par un vol en provenance de Yangon.  Nous avons quitté les birmans presqu'à regret.  Finis les "Mingalabar" (bonjour) et "Jezuba" (merci) que nous remplacerons par leurs équivalents Lao.

À l'aéroport de Luang Prabang, pour entrer au pays nous devons obtenir un visa d'entrée: une formalité dont le processus est d'un ridicule consommé.  Les agents d'immigration saisissent les passeports, se les passent d'un à l'autre (ils sont 3) et ont les voit étamper des documents à un rythme débridé.  Ils ne lisent rien. Le temps de le dire, nous récupérons nos passeports.  On pouvait s'en douter, le travail est bâclé : le visa de Pierre apparaît dans le passeport de Sylvie et vice-versa. Comme ils ne mettent pas plus de sérieux là-dedans on fait de même et on passe à l'immigration avec nos presque-visas. Rien n'y paraît, on passe. Cela nous aura coûté 42 US en tant que Canadiens alors que les voyageurs de tous les autres pays doivent payer 30US ou 35US.  Mais qu'est-ce que le Canada a bien pu leur faire ?...

Nous sommes accueillis par notre nouveau proprio qui nous conduit dans une très jolie auberge ayant élu domicile dans une ancienne résidence coloniale où de magnifiques boiseries côtoient un escalier majestueux.  Quant à notre chambre, comme dirait notre ami François Chiasson, elle est juste un petit peu plus grande que le lit ! La salle de bain est dans le même ton: l'espace douche et la toilette occupent le même quatre pieds carrés, ce qui fait qu'à chaque fois qu'on prend notre douche, la toilette se fait doucher en même temps.  Pas grave, on peut au moins se laver, on va faire avec !

Pour rejoindre la péninsule de la ville de Luang Prabang en partant de "chez nous", il nous faut traverser quotidiennement la rivière Nam Kham par un gracile pont de bambou payant, soit pour la modique somme de 80 sous par personne pour un aller-retour.  Il est reconstruit chaque année car la cru des eaux l'emporte à chaque saison des pluies. C'est pittoresque à souhait ce pont étroit qui a des airs de grand insecte.  

La ville de Luang Prabang, c'est une espèce de St-Sauveur asiatique.  Une rue principale animée, avec des boutiques, des restaurants et des bars, des agences qui proposent des excursions, des antiquaires.  C'est plein d'ambiance, de gens qui prennent un verre sur les terrasses.  Le soir, la rue s'anime lorsque le marché de nuit s'installe.  Une partie de la rue devient piétonne.  On y vend de délicieux smoothies et des crêpes en plus de différents mets davantage prisés des Lao.  Le marché est cependant plus axé sur l'artisanat du pays mais s'y glissent aussi toutes sortes de babioles "made in China".  La ville est évidemment très touristique et puisque c'est le congé du nouvel an chinois, il y a de la chinoiserie en ville !  Le Laos doit contenir le flot aux frontières chinoises et limite à 200 par jour le nombre de voitures qui peuvent traverser la frontière durant cette période.  Une chance pour nous !  Ils prennent de la place ces gens-là et n'ont pas le même concept de "bulle" que nous.

Pour des raisons politiques, la France a été très présente dans l'histoire du Laos et plusieurs Français s'y sont installés pendant plusieurs décennies si bien que nous croisons des Lao qui parlent français et que la présence européenne se sent dans l'affichage, l'architecture et l'alimentation.  De plus, on y joue à la pétanque.  On trouve à Luang Prabang des baguettes de pain, des croissants, des pâtisseries françaises.  Par ailleurs, nous avons fait un excellent repas de fondue Lao dans un restaurant qui roule à fond et qui est tenu par... une québécoise.  Il y a également une librairie/café tenue par une autre.  Il est facile de comprendre que Luang Prabang donne envie de s'y établir, c'est vraiment bien.

À notre arrivée, nous avons exploré la ville à pied.  Le lendemain, les environs à vélo. Le surlendemain, nous avons loué une moto (pas un scooter électrique cette fois!) pour pousser un peu plus loin, jusqu'aux chutes de Tad Se où les enfants peuvent faire des tours d'éléphants comme ils le peuvent chez nous sur des poneys.  Pendant le trajet vers Tad Se, nous avons eu le malheur d'entrer dans un carrefour giratoire par le mauvais sens, comme le font bien des laos d'ailleurs. Bon... la police nous interpelle...  Une autre joke.  Le policier a inscrit sur un bout de papier brouillon  le chiffre de 100 000 (100 000 kips soit 18$ canadiens).  Pierre résiste, montre son indignation, le policier insiste.  Son collègue se bidonne sans grande gêne devant nous.  Pierre fait mine de ne pas trop comprendre.  Le policier sort de l'argent et mime ce qu'il attend de nous. Pierre, en fin négociateur, inscrit 50 000 à côté du 100 000.  Le policier se renfrogne, les bras croisés. Rien ne fonctionne. Bon, on ne veut pas de trouble, on paie la contravention. Le visage du policier s'éclaire alors, il dit quelque chose à ses copains avec un grand sourire, et il fait disparaître en un clin d'œil l'argent dans sa poche. Misère ! 

Le lendemain, nous joignons un groupe pour un trek dans la forêt qui aboutira à d'autres chutes (il y en a des sites de belles chutes au Laos!).   Nous sommes 8 à partir à la suite de notre guide qui mesure 5'3 et pèse 100 livres et qui s'appelle... King Kong !  C'est un surnom? Même pas ! C'est un prénom courant ici semble-t-il.  En cours de trek, nous visitons des villages des ethnies Khamu et Hmong, les plus représentées au pays.  Les deux villages, qui comptent chacun autour de 300 habitants, sont à moins de 5 minutes de marche l'un de l'autre et les habitants ne parlent pas la même langue.  Ils doivent communiquer en Lao, la langue du pays, pour se comprendre, mais les jeunes enfants apprennent le Lao à l'école.  À la maison, ils ne sont exposés qu'à la langue de leur peuple.  Il y a plus de 100 ethnies différentes au Laos, originalement venus par les montagnes en provenance des pays frontaliers.  Chaque village a son chef, élu pour 3 ans. Comme les villages sont minuscules, il est interdit de s'unir à quelqu'un de son village mais il faut se marier avec quelqu'un de la même ethnie. Alors, une fois par année, vêtus de leur plus beaux atours, les jeunes hommes vont voir ailleurs, dans d'autres villages, s'ils ne trouveraient pas une épouse, qui elles aussi se seront mises sur leur 36 pour les éventuels prétendants. C'est fascinant ces micro-cultures qui tiennent bon.    

On aura passé une petite semaine à Luang Prabang et ça aurait été facile d'y rester plus longtemps mais nous avons rendez-vous avec le sud du pays, un vol planifié le 4 février vers Paksé.

Ah ! Que le monde est beau ! 


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Par Aimé et Muriel
le 09/02/2017 à 15:33:02
Bonjour à vous 2,

J\'ai remarqué que Pierre a coupé sa barbe...est-ce le début d\'une tendance? Cad à chaque fois que vous changez de pays, il se met beau pour les douaniers?
Trêve de plaisanterie, j\'ai une demande spéciale : svp prenez des photos de la chambre quand vous jugez quelle est spéciale. Merci :)
Au plaisir de vous lire!
Muriel
Par Jacinthe
le 09/02/2017 à 20:37:39
Lecture très intéressante ! Belles photos ! Pour ce qui est du prêt-à-manger, je pense que j\'opterais pour le jeûne :-)

Merci de nous faire découvrir de si beaux endroits !

Bonne continuité !
Par François et Carole
le 10/02/2017 à 20:57:41
Vraiment dépaysant ce voyage, quant aux oiseaux et écureuils pas certain...les aventures c\'est ce qui fait que l\'on se souvien si bien de nos voyages. Je suis certain que le policier qui a croisé ton chemin a apprécié ton grand cœur! Quand j\'ai lu le rituel des petits villages J\'ai pas pu m\'empêcher de penser que s\'ils avaient eu un rituel similaire au Lac St-Jean l\'on aurait pas fait tant de blagues sur eux ;)
Continuez de nous transmettre vos photos et anecdotes!
On vous suit :)
Par Jean
le 12/02/2017 à 08:48:20
Toujours agréable à vous lire, et nous attendons la suite....!!
Par Marie aude
le 14/02/2017 à 23:38:57
Je prend enfin le temps de faire un petit commentaire! Merci de partager ce beau voyage avec nous. De très belles photos, nous avons l\'impression de participer avec vous... ça me fait rêver et me donne le goût du voyage. J\'adore vous lire aussi... bonne continuation profitez !,, pleins de bisous
Par Annie Dubois
le 18/02/2017 à 15:02:20
Bonjour à vous deux,
Merci de partager ces belles photos et vos palpitants récits. Je vous lis et vous suit assidument malgré le fait que ce soit mon premier commentaire. Vous m\'inspirez! MERCI!
Bises, Annie

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